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Animal crossing: Dobutsu no Mori, la forêt des animaux

Le 20 mars 2020, une semaine après l’annonce de l’obligation de rester chez soi en France, Nintendo lance une bombe rose pastel enrobée de musique chill et peuplée d’animaux. C’est la déflagration au Japon puisque le titre va simplement devenir le meilleur lancement d’un jeu Nintendo avec 1,88 million de ventes en première semaine sans compter les dématérialisées, passant même devant le duo Pokémon Noir et Blanc : c’est dire l’engouement autour du jeu !


Sorti pour la première fois sur N64 au Japon et sur GameCube dans nos contrées en 2004, Animal crossing comme on le connaît en Occident, était un titre particulièrement intriguant.

Dans les magazines de l’époque on pouvait voir un homme d’affaire en pleine réunion, en train de s’inquiéter de devoir allumer le phare à 16h. Car la grande particularité du titre pour l’époque c’est le déroulement du jeu en temps réel, vraiment en temps réel, puisque l’heure dans le jeu correspondait à l’heure enregistrée dans les paramètres de la console.

Assis dans le train à destination de notre nouvelle vie dans la ville peuplée d’animaux, Charly le chat nous questionne sur nos caractéristiques, anniversaire, sexe, particularités. Le bougre est bien curieux. Enfin nous débarquons dans notre nouveau lieu de villégiature où nous faisons rapidement la rencontre du - aujourd’hui célèbre - propriétaire de la boutique et des maisons du coin, Tom Nook.


La douce vie, la liberté, le plaisir de flâner au milieu des cerisiers en fleur n’est qu’un doux rêve. En effet le Tanuki nous propose un logement mais bien sur, moyennant finance. Pour le rembourser, il faudra bosser, bosser, encore bosser pour ce raton laveur voleur, pardon, raton laveur patron capitaliste. Car oui, si on nous laisse le choix de développer notre ville ou non, il faudra, pour voir venir de nouveaux habitants, et voir notre ville se développer, engranger les clochettes et améliorer l’endroit.


Il s’agit en fait d’un jeu de maison de poupée, avec des personnages mignons comme des Sylvanians, mais un peu énervants par moment.


Vingt ans plus tard la recette est toujours la même, mais bien entendu, avec le passage des versions DS « Wild World », WII « City Folks » et des deux versions 3DS « New Leaf » et « Happy Home designer », on a droit à de profonds changements et de grandes innovations depuis le titre original. A la façon d’un Tamagotchi, il faudra revenir tous les jours dans le jeu pour bien s’occuper de notre petit monde, accueillir les nouveaux venus et entretenir les pelouses.




Faisons à présent un petit tour d’horizon de cette version Switch qui se nomme « Animal crossing New Horizons » justement.



Un système bien rodé.


Depuis ses seize années d’existence, la formule de fond du jeu reste la même : Petit humain, le joueur, débarque dans un village peu peuplé pour y trouver le calme et le repos. Avant de poser le pied dans ce jardin d’Eden, il faudra discuter avec un représentant du coin, soit dans un train, un taxi ou un bus. En 2020, c’est à l’aéroport qu’il faudra montrer patte blanche. Nom du personnage, sexe, rapides caractéristiques physiques se décident au moment de l’embarquement vers une île déserte perdue au milieu de l’océan, une nouvelle formule de voyage signée Tom Nook.



L’agence de voyage Tom Nook est là pour vous (as)servir


Sur place, tout n’est que luxe, calme et clochettes à rembourser. Arrivé avec deux autres aventuriers, vous êtes accueilli par Tom, Méli et Mélo qui vous proposent de vous installer sous votre tente, comme le feront les deux personnages anthropomorphes qui vous accompagnent. Inutile de vous dire de qui il s’agit puisque ces deux autres arrivent avec vous de façon aléatoire.


Après quelques commandes de Tom Nook qui servent de didacticiel et seront essentielles pour les plus jeunes joueurs qui découvrent les principes du jeu, la raton laveur vous proposera directement de troquer votre tente contre une maison avec quatre murs et un toit.


Enfin, troquer n’est pas le bon terme, il vous propose un prêt à zéro pour cent, remboursable quand bon vous semble, et à votre rythme. Pour amasser des clochettes et rembourser l’animal, vous pourrez revendre le fruit de votre travail.


Si dans les précédents opus, il s’agissait principalement de pêche et de cueillette, cette fois vous pourrez également trouver des matériaux qu’il sera possible de transformer à l’aide de l’atelier situé à l’agence des résidents en début de partie. Par la suite vous pourrez vous même installer un atelier dans votre maison ou dans votre jardin.


Oui, dans le jardin. Pour la première fois il est possible de placer et décorer soi même les extérieurs avec des objets qui s’installent initialement à l’intérieur. Vous l’aurez compris, il s’agit d'étendre le terrain de jeu au-delà des murs sa maison. On retrouve ainsi des éléments bienvenus de Happy Home Designer qui consistaient à décorer les maisons des habitants plutôt qu’à réaliser des tâches rébarbatives pour acheter des objets dont on ne pouvait pas disposer librement sur l’ensemble du terrain jeu.


Cela dit, vous voici à la merci des Tanukis. Une fois le doigt dans l’engrenage, difficile de se passer de leur services. Si vous souhaitez voir s’agrandir le nombre de vos amis à fourrure ou à plumes, si vous voulez profitez du musée ou encore des boutiques, il faudra se soumettre aux différentes activités proposées sur l’île.



Très chasse, très pêche avec Valérie Damadou


Vous voilà donc chasseur, d’insectes ou de fossiles, cueilleur, de fruit, de fleurs ou d’œufs de pâques et aussi bricoleur, décorateur. En fait, vous ferez tous les boulots qui font avancer l’île et qui vont permettre à ce cher Tom de s’en mettre plein les fouilles.


Les activités sont nombreuses, trouver du bois, du minerais, bricoler des articles, parler à ses voisins, customiser ses créations, décorer l’intérieur et l’extérieur de la maison, collectionner les fossiles, insectes, poissons et décorations saisonnières et j’en passe. La décoration saisonnière est vraiment l’un des points intéressants de ce jeu.


Ce dernier est émaillé de multiples fêtes et activités en fonction des actualités calendaires du moment. Si à Pâques, il est possible de réaliser une chasse aux œufs et de récupérer des plans d’objets en forme d’oeufs pastels pour agrémenter sa maison ou son île, on est en droit d’attendre le même traitement pour chaque fête de l’année et c’est vraisemblablement l’un des gros point-forts de la série qui se met à jour au fil des saisons.


Un point très fort même, car il faut bien l’admettre les actions à réaliser peuvent vite devenir répétitives.



Un rythme de jeu au jour le jour


Les longues sessions de jeux peuvent vite devenir lassantes, surtout que « Animal Crossing New Horizons », n’offre que des ressources limitées dans la journée. Il faudra alors attendre le lendemain pour trouver les matériaux qui nous manque ou alors dépenser des Miles chez Tom Nook pour visiter des îles désertes. Là, il sera, comme tout bon capitaliste, possible de piller le rocher, en le dévalisant de ses fleurs, ressources en bois, minerais, insectes, fruits, ou poissons, en remplissant ses poches autant qu’elles le permettent. On préférera donc des sessions plus courtes mais régulières pour ne pas lâcher l’affaire au bout de trois jours.


Pour les petits comme pour les grands, ACNH offre un bon échappatoire dans notre période curieuse. Il nous permettra de nous évader sur une île lointaine tout en n’oubliant pas de nous rappeler que le travail c’est la santé, au moins la santé financière.


D’ailleurs gardons à l’esprit, que le travail n’a que deux objectifs : assouvir les besoins primaires et le loisir. Il est donc normal, si l’on veut s’amuser dans le jeu, de bosser dur pour s’offrir les plus beaux meubles et la plus grande maison.


Mais on peut aussi choisir de ne rien faire, de se promener, de ramasser quelques coquillages et de parler à ses voisins tout en profitant du temps qui passent et du fil des saisons.


Si vous cherchez des sensations fortes et des blastes frénétiques, il y a Doom Eternal qui est le total opposé de Animal Crossing New Horizons, et qui est sorti le même jour. Cela dit les deux jeux ne sont pas incompatibles et peuvent très bien faire partie d’une même ludothèque comme le yin côtoie le yang dans le taijitu.


Il faut toutefois comprendre que ce n’est pas un jeu comme les autres, qu’il a un rythme bien particulier et qu’il peut vite être agaçant. Pourtant, on y retourne volontiers chaque jour pour rencontrer de nouveaux amis, les nouvelles possibilités, et parce que quand même, terminer une collection dans le musée c’est tellement satisfaisant.


Pour les papas, les mamans, les enfants, filles ou garçons, tout le monde peut y trouver son compte d’autant qu’il est possible de rejoindre les amis irl sur leur île dans le jeu. Là aussi, chacun l’appréciera à sa manière en todo solo ou avec des amis, des frères et sœurs.


On pourra donc vivre le jeu, comme dans la vie, chacun sa route, chacun son chemin.


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