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Final Fantasy 1 - Comme un air de Donjons & Dragons ?

Heya ! C’est moi Ilmeni, c’est bon de vous revoir !


Pardon. Trop tentant.


Si vous avez lu l’article précédent sur Baldur’s Gate, vous avez peut-être deviné quel serait le sujet de celui-ci. Hé oui, aujourd’hui, on prend l’avion (avec une combi Hazmat) et on part au Japon !


Alors autant j’ai présenté un peu Baldur’s Gate parce que le titre ne parle pas forcément à tout le monde, autant celui-là, je pense que cela ne sera pas nécessaire. À moins de vivre dans un bunker depuis 30 ans, je doute que vous n’en ayez jamais entendu parler. Quand on parle Final Fantasy, la plupart des gens pensent à ça :

Ou encore à ça :

Et les vrais à ça :

Mais aujourd’hui, nous allons remonter plus loin. Beaaaaucoup plus loin, à la genèse, à la source. À ça :

Yep, ça fait pas rêver. Il y en a eu du chemin depuis ça jusqu’aux arguments de vente en HD de Tifa ! Bienvenue dans Final Fantasy sur NES. Nous sommes en 1987, et à cette époque le j-RPG…eh existe déjà depuis un bon moment en fait. Même si en occident on tend à associer le genre à seulement quelques séries phares (ledit FF, Dragon Quest, Persona, p’tete Suikoden pour certains), des j-RPGs, il y en a une tripotée. Mais ça, je laisse Wikipédia vous l’expliquer. Déjà parce que c’est pas le sujet de l’article, mais en plus parce que j’y connais que dalle et qu’il fera ça bien mieux que moi. Tiens, j’vous mets même le lien : https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Eastern_role-playing_video_games.


Bien. Z’avez tout lu ? Parfait parce que moi pas.


Revenons-en au point central, que j’avais déjà lâché comme une bombe dans l’article sur BG : le premier Final Fantasy est avant tout une contrefaçon de Donjons & Dragons avec les numéros de série passés à la lime (et encore pas toujours). Et vu que je connais plutôt bien les deux et que j’adore m’attarder sur des détails inutiles, je vais vous en faire la liste ! Yep, des gantelets jusqu’au slip en maille, on va tout passer en revue. Hé ! Partez pas comme ça ! Je vous jure que ça va être marrant !


Et avant toute chose : non, je n’ai rien contre le jeu, bien au contraire. Il est vieux, moche et marche une fois sur deux, mais il a servi de fondation à une série qui, bien qu’elle ne soit pas le parangon du RPG contrairement à ce que certains racontent volontiers nous a quand même apporté de sacrées belles histoires.


Mais ça les empêche pas d’avoir pompé comme des fieffés sagouins.



1. Le monde et l’histoire


Le monde de FF1 n’a, pour 90% de son contenu, absolument rien d’original. Il s’agit, comme le nom l’indique, d’un univers médiéval-fantastique si épuré qu’il pourrait même servir d’archétype au genre. Z’avez vos princesses, vos châteaux, des forêts partout, des elfes et des monstres dégueulasses qui essayent de vous bouffer la gueule dès que vous posez un pied hors des murailles. La base quoi. Pas de métropoles cyberpunks ni d’empires magitek, vous êtes à Fantasyland et c’est marre. Et c’est exactement ce à quoi peut ressembler un monde de Donjons & Dragons. Alors selon votre setting, vous avez des trucs plus ou moins originaux, mais si votre MJ est un peu trop conventionnel, vous aurez surtout de ce que je viens de vous décrire.


Jusqu’à l’avant-dernier donjon. Là – et dans ce qui servira de prélude au reste de la saga (un point pour ceux qui ont pigé la blague) – on se retrouve sans préavis balancé dans une forteresse volante tout droit tirée d’un film de Miyazaki.


Et au lieu de se faire bouffer la gueule par un troll, on se fait désintégrer par un mecha.



L’histoire quant à elle est, là encore, exactement ce qu’aurait pu vous sortir votre MJ à l’époque : vous êtes une bande de héros légendaires (mais en slip) et vous devez restaurer les quatre cristaux élémentaires qui… blablabla, on connait. Là encore, la quête principale pourrait servir de template de base à la moitié du genre.


Tout ça pour dire que, dans son monde comme dans son histoire, l’influence du JdR sur FF1 se ressent très fort. Les 4 héros sont entièrement résumés à leur classe, laquelle est choisie par le joueur au début de l’aventure, et rien d’autre ne les distingue si ce n’est leur nom. Leur quête commence par buter des gobelins avec un couteau rouillé et se termine par l’anéantissement d’un démon surpuissant. On rentre dans un donjon, on bute des bestioles, on loote, on va acheter des trucs en ville et on recommence. Exactement comme dans une campagne avec un MJ pas très original.



2. Gameplay


Passons au gameplay ! Et c’est à partir de la que les liens commencent à devenir clairement visibles.


Tout d’abord, les personnages. Yep, dans la partie gameplay. Parce que, contrairement à ceux qui viendront dans les FFs suivants, pour le meilleur…

… comme pour le pire …

…les personnages de FF1 se résument uniquement à leur classe et au nom en 4 caractères que vous leur donnerez. Autant dire que niveau profondeur, on ne dépasse pas le pédiluve.

Votre équipe se composera donc de 4 personnages, chacun appartenant à la classe de votre choix parmi les suivantes : guerrier, voleur, moine, mage rouge, mage blanc, mage noir. Si cela vous rappelle quelque chose, ne vous en faites pas, c’est normal, ce sont plus ou moins les classes principales de D&D (à l’exception du mage rouge, qui est une sorte de guerrier/prêtre/mage). Leurs rôles et restrictions sont par ailleurs très semblables : le guerrier peut porter n’importe quel équipement mais n’a aucune polyvalence, le moine se bat à poil, le prêtr… pardon le mage blanc ne peut avoir que des armes contondantes et leur mage s’équipe dans les poubelles.


Le combat au tour par tour, même s’il n’est clairement pas unique à D&D, reste dans la même veine. Tout le monde joue une fois dans le tour, dans un ordre défini par sa vitesse, et on recommence jusqu’à qu’une des deux équipes calenche. Simple et efficace.


Par ailleurs, une fois suffisamment de combats finis et l’heure du level up arrivée, vous vous rendrez vite compte d’une différence notable avec les autres FF : les gains sont majoritairement aléatoires. Parfois, votre guerrier doublera pratiquement ses PVs, et parfois, il en gagnera 2. La encore, je suspecte qu’il s’agisse d’une relique de D&D, où les gains de PVs par level dépendent de la classe mais sont tirés au dé à chaque nouveau niveau.


Et si vous faites partie de la deuxième équipe – celle qui rampe au sol en se vidant de son sang –, eh bien pas la peine de chercher dans votre sac. Vous n’y trouverez pas de queue de phénix. Une queue de rat, peut-être, mais ça ne vous aidera pas à sortir le mage de son caniveau. En effet, FF1, comme D&D, prend la mort relativement au sérieux. Si un personnage meurt, il faudra soit le traîner jusqu’à une église (ou une « clinique », dans la version désinfectée pour puritains) et casquer, soit utiliser un sort de Vie, plutôt haut niveau et disponible uniquement hors combat. Dans tous les cas, pas question de balancer une aile de poulet sur la gueule du guerrier pour le renvoyer direct à la filoche. S’il claque, c’est pendant tout le combat (bonne chance pour tanker au fait !).


Vous commencez à voir l’inspiration ? ‘Tendez, on attaque les gros morceaux.



3. Magie


Et on va commencer par la magie !


FF1, contrairement à tous les autres FFs – en tout cas jusqu’au 12, ce qui vient après ne me concerne pas – n’utilise pas de MPs mais un système de magie vancienne simplifié. Les sorts sont divisés en niveaux, et chaque niveau possède sa propre réserve d’utilisations de sorts, de 0 à 9, selon l’expérience du lanceur. Exactement comme les sorciers dans D&D – à ne pas confondre avec les mages, ça n’a absolument rien à voir ! Et comme dans D&D, pas question de juste descendre un Ether pour regagner de la magie. Si vous voulez recommencer à lancer des sorts, va falloir ronquer dans une auberge. D’autant que dans un donjon, on les compte. Soigneusement. Et on regrette presque de pas avoir juste pris 4 guerriers.


Les deux listes de sorts, noirs et blancs, sont très clairement tirées des listes de magie profane et de magie divine de D&D. Les deux premières – magie noire et profane si vous avez bien suivi – sont axées dégâts et altérations d’état, avec quelques buffs perdus ici et là tandis que les deux autres sont surtout composées de buffs, de sorts de soin et de quelques attaques portant uniquement contre les morts-vivants.


Bref, les grandes lignes sont quand même vachement parallèles. Mais c’est dans les détails qu’on reconnaît le vrai souci du pompage, z’allez voir, on va se faire la liste des sorts de mage noir/profane et on va comparer tout ça ! Celle des mages blancs est moins intéressante vu que c’est beaucoup de variantes de « je soigne »/« je bute des morts-vivants ».


Ah et pour les noms des sorts, je prendrai les traductions en français de la version Dawn of Souls de Final Fantasy. Deux raisons : la première, c’est que les noms parleront à tout le monde ; la deuxième, c’est que dans la version NES de FF, les noms sont limités à 4 caractères. Donc autant dire que des noms comme « RUB » ou « BRAK », c’est pas forcément clair (surtout quand ces couillons décident en plus de combiner ça avec de la censure).


Allez, on commence par une petite devinette. Est-ce que vous aviez remarqué que dans FF1, Brasier et Foudre sont au même niveau alors que Glacier est toujours un niveau au-dessus et donc plus puissant de base ? Si oui, parfait, vous passez à la suite. Sinon… ben faites le quand même sinon j’ai plus personne qui va me lire. Bref, pourquoi cette différence ? Eh bien jetons un œil à la liste de sorts de D&D pardi ! En effet, si les sorts de Boule de feu et d’Éclair sont de niveau 3, il faudra attendre le niveau 4 pour avoir accès à celui de Cône de froid. Coïncidence ? J’en doute.


Pas mal hein ? Bon j’en ai passé une bonne partie, parce que j’ai pas non plus envie de devoir passer sur Excel, mais je pense que cela suffit pour se faire une idée.


Bien, et maintenant, le dessert : le bestiaire. Et heureusement qu’il reste toujours de la place pour lui, parce que bordel y’a du boulot !



4. Bestiaire


Pour la faire courte : la quasi-intégralité du bestiaire de Final Fantasy a été éhontément repompée de celui de Donjons & Dragons. Prenez une bestiole au pif dans le jeu, cherchez dans le manuel de D&D, et je vous garantis que vous allez la trouver sous une forme ou une autre. Les noms peuvent varier de manière drastique, surtout en français où les traductions officielles sont arrivées avec les remakes et où la nomenclature moderne de la saga s’applique, mais vous finirez par trouver.


Comme pour la magie, et pour éviter de juste lister tous les mobs du jeu, je vais sélectionner quelques exemples bien croustillants.


Et on va commencer par les 4 boss principaux du jeu !


Liche




















Simple et efficace. La liche de FF n’est pas vraiment une liche, puisqu’il s’agit d’un des 4 démons élémentaires – aucun des 4 monstres de D&D utilisé pour les démons n’est particulièrement associé à un élément, soit-dit en passant – mais se comporte tout comme : c’est un mort-vivant qui balance des sorts.


Marylis ; KARY sur NES, Marilith ensuite.



















Eh c’est un peu spécial comme angle, mais on voit bien ! Sur NES, on sent que l’équipe US était un peu frileuse et a essayé de cacher le nom (en se plantant sur le nom d’une déesse hindou) mais ils ont du se rendre compte plus tard que le nom n’était pas copyrighté parce qu’ils sont revenus sur « Marilith ». Les français, comme d’hab, ont chié dans la colle. Dans D&D, les Marilith sont un type de démons, pas une créature unique.


Kraken

Cette fois, c’est clairement moins évident, et le Kraken de FF a déjà un côté unique, et à mon avis, amorce déjà le personnage d’Ultros de FF6.


Tiamat

…mais on repart très vite sur du gros repompage bien crade. A noter que dans D&D, Tiamat est carrément une déesse, pas juste un monstre, et la reine des dragons chromatiques (ceux qui sont plutôt au sud du tableau des alignements). Son opposé est… tention, vous arrivez à deviner ? Eh oui, Bahamut, que l’on croise également dans FF1 en tant que PNJ.


Passons à quelques autres bestioles plus aléatoires, mais que les connaisseurs de D&D reconnaitront sans doute immédiatement.


Troll

Y’a un petit air de famille hein ? Mais le plus évident arrive quand on regarde les stats : les Trolls sont faibles au feu et régénèrent une partie de leurs HPs à chaque tour (en tout cas quand cette capacité n’est pas buguée). Dans D&D, les Trolls ont effectivement une capacité de régénération impressionnante et ne peuvent être réellement tués que s’ils sont brûlés ou aspergés d’acide.


Ogre Mage, WzOGRE sur NES


Regardez, j’ai même trouvé une image de la bonne couleur ! Si le design des Ogre Mages a beaucoup varié dans D&D, allant de l’ogre normal mais magique à une espèce de samuraï (mais toujours magique), l’idée de base qui est d’avoir une bestiole capable de balancer des boules de feu ET d’écraser ses ennemis avec un gros gourdin est toujours la même.


Rakshasa, ManCat sur NES

Bon OK, la, la ressemblance elle est pas évidente. Ils ont salement bouffé pendant le voyage les Rakshasas. Dans D&D, ce sont des êtres maléfiques extraplanaires, connus principalement pour être d’immenses connards simplement pour le plaisir. Dans FF1…ce sont des chats. De gros chats, qui balancent des sorts.


Ochu, Ocho sur NES



Ah l’Ochu ! Presque aussi emblématique de Final Fantasy que le Malboro ou le Tomberry hein ? ...Et aussi complètement piqué du bestiaire de D&D. Les Otyughs, comme ils sont censés être appelés, sont des charognards, capables de manger n’importe quoi de vaguement organique. Souvent utilisés comme poubelles de donjon par les vilains méchants.


Ensorceleur ; Sorcerer sur NES, Mindflayer ensuite.


Celui-là, il est particulièrement couillu et croustillant. Non seulement ils ont piqué le design de l’un des monstres les plus emblématiques de D&D, mais en plus de ça, quand ils se sont rendus comptes que « Mindflayer » (« Flagelleur mental » chez nous) n’était pas copyrighté ils ont carrément pris le nom aussi. En effet, le monstre et son nom communs sont libres de droits… mais pas leur véritable nom, Illithid.


En combat, l’Ensorceleur utilise une attaque de paralysie en zone, appelée TRANCE sur NES, puis Mind Blast lorsqu’ils ont arrêté de faire genre « non c’est pas des Mindflayers, promis ». De plus, ses attaques normales, bien que ne faisant qu’un seul point de dégâts, sont aussi capables de tuer instantanément.


Dans D&D, les Flagelleurs mentaux sont des créatures psioniques, capables d’étourdir dans un cône en face d’eux. De plus, leurs tentacules leurs servent à s’accrocher au crâne de leur victime, après quoi, SLURP. A plus rien dans la calebasse. Ce qui est clairement l’inspiration de la capacité étrange d’insta-kill de l’Ensorceleur.


Mais il y a encore mieux !


Œil Maudit, EYE sur NES(US), Beholder sur NES(JP)


Un peu décevant hein ? 'Tendez, je vous sors le sprite original de la version japonaise.


Ha c'est mieux la!




Alors celle-là, je l’aurais pas tentée. Et vu le changement de sprite et de nom, la team US non plus.


Petit aparté D&D.


La plupart des monstres du bestiaire de D&D sont dans le domaine public, car fortement inspirés de créatures déjà existantes, que ce soit dans leur design, leur nom ou leur comportement. Même des monstres comme les Mindflayers ne sont pas copyrightés, parce qu’on va pas se mentir, c’est carrément Cthulhu en robe. Mais le Beholder ? Lui, c’est une création originale. Et Wizards of the Coast – l’éditeur de D&D – défend farouchement son bébé, et particulièrement le nom de « Beholder ». Oser pomper le Spectateur (son petit nom français), c’était s’attirer le courroux des sorciers et se faire tomber sur le râble par un millier d’avocats à la gueule plein d’écume. Heureusement pour Square, quelqu’un dans la team US s’en est rendu compte.


Dans FF1, l’œil maudit attaque en balançant une foultitude d’altérations d’état plus ou moins horribles dans la tronche de votre équipe : mort instantanée, pétrification, paralysie, encore plus de mort instantanée, ralentissement, silence et enfin sommeil. Et parfois fait juste des dégâts.


Dans D&D, chacun des tentacules d’un Beholder se termine par un œil capable d’attaquer avec un rayon magique spécifique, dont les effets sont, en vrac : mort instantanée, pétrification, paralysie, désintégration, ralentissement, antimagie et sommeil. Et parfois, font juste des dégâts.



5. Conclusion


Pomper des trucs sur le voisin ça permet parfois de faire des choses bien.


En effet, si Final Fantasy a commencé comme un dérivé non-officiel de D&D, et même si parfois ils ont quand même été assez loin dans la copie, la série a su se trouver son propre univers et son propre charme, qui n’a au final (t’as rigolé hein ?) plus grand-chose à voir avec le matériel d’origine. Et puis franchement, gueuler sur FF parce qu’ils ont copié D&D, ça serait vachement gonflé quand on sait que D&D a également pompé moult idées à droite et à gauche dans la mythologie et la littérature.


Ilmeni

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