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  • La rédaction

Une certaine tranche de rpg japonais sur 3ds

Il y a des jeux pour lesquels on regarde la pochette et on se dit que les personnages sont drôlement mignons et qu’ils ressemblent un peu à « Dragon Ball », le dessin animé japonais. Ou encore que les jolies filles de mangas en couverture font vachement penser à un Mogwai, avec leurs grands yeux marrons et leurs poses hyper kawaii qui nous brisent notre petit cœur en mini morceaux de sucre roux que l’on mettrait bien dans notre latte de seize heures, accompagné d’un éclair à la vanille.


On en vient alors à penser que finalement c’est bien le moment de faire un petit rpg nippon tout mignon, tout rond dans cette phase de confinement, et puis, on a déjà terminé Death Stranding et God of War, des jeux avec des bonnes grosses knacki balls dedans.


Nous voilà donc déjà absorbé par la jupe que porte la lycéenne d’une obscure institution scolaire imaginaire de Tokyo, que quand nous passons en caisse nous ne remarquons pas le sourire en coin du vendeur asiatique qui nous précise bien, derrière sa moustache trop longue et trop fine pour être une vraie : «  Surtout, toi pas jouer en buvant, ni pas jouer après minuit. » avec l’accent du grand-père de Jackie Chan dans la série animé des années 90. Avec le paiement sans contact et nos yeux focalisés sur le design tout en rondeur de la demoiselle de couverture, on a déjà tourné les talons quand retentit un énorme : « Je n’ai pas fini ! Si toi pas écouté et faire l’andouille tu vas te bouffer les doigts ! » Un regard en arrière et de répondre avec l’aplomb du joueur de rpg PC : « Ca va hein, j’ai fini The Witcher et Falloute, je suis un vrai gaimeur. C’est pas un jeu japonais sur 3ds qui va me faire peur. »


Content de notre répartie cinglante, nous ne nous rendons pas compte qu’omettre les conseils du sage planté derrière son comptoir va nous faire passer des nuits bien bien dark à nous faire remettre en cause nos qualités de joueur de jeux de rôle pourtant bien aguerries.



Un chant mélodieux sorti, d’un panier en osier traditionnel




Bon ok, on brise les tabous vu que Nintendo vient d’annoncer Bravely default 2 sur Switch, chose curieuse d’ailleurs puisqu’il y a déjà deux épisodes sur 3 ds. En effet, après Bravely Default, sorti en 2013 sur 3ds, on a eu droit à l’épisode Bravely Second en février 2016. Ce dernier manquait cruellement d’inspiration en recyclant pas mal de décors et d’environnements du premier épisode, sans oublier de ne pas changer grand-chose au système de jeu.


Ce constat n’est pas une lubie de joueur trop critique et volontairement cassant, mais bien une réalité au point que l’équipe de développement a présenté ses excuses chez Famistu (magazine japonais historique spécialisé dans le jeu vidéo qui a la particularité de noter les jeux sur 40) il ya quelques jours.



Avec Bravely Default, les fans de Final Fantasy seront comme des poissons dans l’eau. La faible puissance de la console, oblige à faire des prouesses en terme de direction artistique et ce ne sont pas les décors dessinés à la main qui me feront mentir. Le point tactique des phases de combats très classiques se situe dans l’utilisation du « Bravely second », un temps de pause, qui permet de passer des tours de combat pour déclencher des attaques pouvant infliger jusqu’à 9999 points en une seule attaque.


Pour le scénario, c’est de la grande inspiration J-Rpg, tout y est : les cristaux magiques, les compagnons de route bien stéréotypés, l’amnésique, les relations amoureuses dans l’équipe. Bref, c’est un combo gagnant de l’attirail des clichés que kiffent les otaku. Serait-ce un défaut ? Non, car l’intention est bien là, planter le décor du Rpg japonais à l’ancienne dans son jus le plus pur.


On ajoute à cela un système de combat au tour par tour tactique, puisqu’il faudra choisir entre jouer son tour ou jouer des tours à crédit, ou encore passer son tour pour cumuler de la force et tout lâcher dans un ultime coup fulgurant. Ce système au coeur du challenge fait que chaque rencontre qui s’envenime devient potentiellement mortelle si vos partenaires ont subi trop d’altérations d’état.



Comme tout bon clone de Final Fantasy on n’échappe pas au classique système de jobs ce qui alimente encore plus la stratégie car on peut très vite réaliser des montages d’équipe exceptionnels. Ces mécaniques vont nous plonger dans la customisation des jobs, des talents et de l’équipe pendant de longs moments.


Est-ce que cela va nuire au déroulement de l’histoire ? Pas vraiment, car comme ces ancêtres, le déroulé des Braevly va droit au but. Une quête, un cheminement, un combat et bim le problème est résolu on peut passer à la suite. Pas de cinématiques gourmandes, pas de fioritures, la ligne est claire : « nage droit devant toi, nage droit devant toi ! ». Et même si chaque perso a son lot de quêtes annexes, on a vite le sentiment du travail bien fait avec des bobines de fil rouge pour nous guider.



L’alchimie entre un système de combat riche et une histoire épurée, mais pas simplette ni accessoire, se savoure encore plus grâce à une bande son des plus ravissantes. Fine et délicate, elle viendra nous trotter dans la tête, en nous faisant oublier parfois la dangerosité de la situation.


Le jeu est beau, long, complexe, tout en puisant dans les bons vieux J-rpg de grand-père dans le déroulement et l’efficacité, et en apportant son lot de nouveautés - que ce soit dans la gestion de l’équipe, comme dans le système de combat. Mais attention, sous ses airs faussement naïfs, les rencontres avec des ennemis peuvent tourner au drame, la concentration reste de rigueur.



Bien, vous voilà à l’aise, la kawaiitude entre les mains, c’est le moment dans le film Gremlins où vous amenez le Mogwai dans votre chambre et vous vous dites que toutes les âneries du vieux vendeur ce n’est pas pour vous, vous êtes au dessus de tout cela.


Vous vous retournez, et sans faire attention vous renversez votre verre d’eau juste à côté de Etrian Odyssey.



Là, après quelques instants, vous vous dites qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ça a la couleur d’un Jrpg mignon, mais quelque chose dans le regard, des attitudes à peine voilées vous mettent mal à l’aise.



On ne dit pas J-Rpg, on dit Dungeon Crawler !


Pour un joueur d’Assassin’s Creed c’est pareil, c’est Jap, il y a des compétences et de l’héroic fantasy.


Vous avez donc décidé de mettre la cartouche dans votre console et poussé le bouton power. « Ah oui, de l’english, bon pas grave ». En bon amateur de jeu de rôle, cela ne vous fait pas peur.


Bien, en route pour l’aventure. Oui mais non, avant cela il faut faire un tour par la création de personnages. Jusqu’à seize personnages différents, c’est monnaie courante sur la série, et cinq pour vous accompagner dans votre périple. Sept classes sont disponibles au départ et deux autres viendront s’ajouter par la suite. Les capacités des classes sont complémentaires, il faudra bien réfléchir à comment on compose son équipe avant de se lancer dans l’aventure.


D’ailleurs c’est le moment de s’y mettre ! Ah bah non, car il faudra d’abords faire le tour du seul village du jeu pour parler aux habitants et s’équiper. En parlant aux habitants, on comprend très vite qu’il vaut mieux éviter cette forêt qui ne semble pas très amicale.



Si vous comptiez vous équiper léger pour avoir du style, c’est fichu. En effet, une fois lancé dans les méandres du labyrinthe d’Yggdrasil, on réalise que les artworks figés dans les phases de discussion, la vue passe à la première personne, ce qui vous laissera admirer un temps les jolis paysages qui vous entourent (non je déconne c’est pas très joli et les textures sont les mêmes tout du long.).




« La où l’on va il n’y a pas besoin… de carte. » ( Ce n’est pas dans le film Gremlins, mais « Yipee-kai pauvre con !” non plus, alors bon).


C’est donc équipé de la carte que vous vous enfoncez dans les méandres de… ah oui, la carte, mais elle est où cette satanée carte, déjà que l’on y comprend rien car il n’y a pas de vue environnementale, alors en plus, il n’y a pas de carte ! Non effectivement, il n’y a pas d’aide pour se repérer car c’est à vous de tracer la map.


A la manière d’anciens jeux labyrinthiques des années 80, il va falloir réaliser sa propre map pour se repérer dans le dédale de végétation réparti sur plusieurs niveaux. Mais, à l’heure du double écran de la 3DS il n’est pas nécessaire d’avoir à côté de soit le papier millimétré, la règle de calcul et le crayon. Il suffit pour la réaliser d’utiliser l’éditeur de carte de l’écran tactile. Pour ce faire il faudra noter case par case les accès, les pièges les portes secrètes, les trésors et les portes magiques.



Là on sent que l’on vient de se faire avoir et que la jaquette kawaii cache en fait un jeu très particulier que beaucoup auront déjà laissé tombé après les premiers pas dans l’aventure. C’est à dire pas très loin.


Car oui, vous allez mourir, et pas qu’un peu. Dès les premiers pas dans la végétation, les petits rats et les papillons (allez savoir pourquoi) vont se jeter sur vous de façon aléatoire, et vous éclater en un rien de temps. Pas grave une petite potion pour ranimer tout ce beau monde et c’est parti. Ok pas de potion, pas grave je me téléporte vers le village. Ah non, je peux pas non plus.


Pour retourner au village, il faudra… ben retourner au village. A pied je veux dire, tourner les talons et rebrousser chemin. Oui exactement avec déjà deux morts dans l’équipe et un niveau de hp des plus bas. Le game over n’est pas loin ? Tant pis pour vous il fallait écouter les consignes du vendeur et ne pas appuyer négligemment sur les boutons de votre console tout en mangeant des chips après minuit. En faisant cela vous avez déclenché le chaos.


Pour finir de vous dégoûter d’avoir acheté sans savoir, pour ressusciter un de vos partenaires, il va falloir passer à la caisse. Mais bien entendu, comme les gentils animaux de la forêt ne se baladent pas avec des pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes sur eux, il faudra récupérer des ressources prélevées sur vos ennemis morts pour ensuite aller les vendre au village.


Après avoir réalisé une belle carte, avoir fait du leveling avec des aller-retours entre le labyrinthe et le village vous êtes prêts à descendre au premier niveau.


Enfin, sauf si en chemin vous croisez un FOE. C’est la bête noire des jeux Etrian Odyssey. Il s’agit d’un ennemi surpuissant qui se cache à chaque étage dans le donjon. Il avance case par case à chaque fois que vous avancez ou à chaque tour de jeu durant un combat contre des monstres lambda. Ainsi, il n’est pas rare de voir s’incruster un FOE durant un combat contre des ennemis « basiques ». Certains FOE vous surprendront en combat, d’autres attendront votre passage, d’autres encore se réveilleront à l’ouverture d’un trésor.



Autant vous le dire tout de suite, une rencontre prématurée avec ces ennemis est quasi synonyme de game over. Cela dit, si la victoire est vôtre alors qu’il ne reste que deux membres de votre équipe en vie, vous aurez un profond sentiment de satisfaction.


Le jeu s’adresse donc plus aux amateurs de leveling et de gestion qu’aux fans de scénarios épiques, qui pour le coup dans la série généralement tient sur un timbre poste.



Nous y voilà donc, le joli petit Mogwai que promettait la pochette de ces J-rpg s’est finalement transformer en Gremlins, un geste nonchalant les a multipliés et un encas malvenu tard dans la nuit vous a fait comprendre que vous teniez un monstre entre les mains. Certains auront lâché l’affaire depuis longtemps, quand d’autres se laisseront griser par les fourberies et la cruauté de ces jeux avec le sentiment, une fois terminé d’avoir accompli une tâche aussi inutile que gratifiante.


Techniques et classiques ces deux séries vous feront souffrir et sourire une fois terminées, si vous y arrivez.


Mais ne vous y trompez pas, car comme pour le film Gremlins, on peut faire encore plus cruel et encore plus barré. Ainsi dans le tome deux, je vous parlerai de la série Shin Megami Tensei et des Persona Q toujours sur la Double Screen 3D de Nintendo.


Tengo_1Q84


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